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Faune sauvage

Où observer la faune du Yukon en toute sécurité (ours, orignaux et caribous)

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Where to Safely See Wildlife in the Yukon (Bears, Moose & Caribou)

Where to Safely See Wildlife in the Yukon (Bears, Moose & Caribou)

Planifiez selon votre itinéraire, pas selon l’espèce

La plupart des voyageurs viennent au Yukon pour un road trip, et non à la recherche d’un animal en particulier. Le plus simple pour planifier l’observation de la faune est donc de partir des routes empruntées. Les abords des chaussées sont ici étonnamment riches : parcourez lentement les grands axes à l’aube et au crépuscule, une paire de jumelles à portée de main sur le siège passager, et vous serez surpris de ce que vous verrez. Les sections qui suivent passent en revue les lieux que vous traverserez sans doute — Kluane, la Dempster, les Southern Lakes, Whitehorse, l’Alaska Highway et la Yukon Wildlife Preserve — et les animaux que vous avez le plus de chances d’y croiser.

Parc national Kluane

Kluane, dans le sud-ouest le long de l’Alaska Highway, est le meilleur endroit du territoire pour observer les espèces d’altitude. Sheep Mountain — Tachäl Dhäl — doit son nom aux mouflons de Dall qui paissent sur ses pentes, et le centre d’accueil des visiteurs à son pied est l’un des lieux les plus fiables du Yukon pour repérer à la longue-vue ces animaux d’un blanc crème. Les chèvres de montagne, elles, s’accrochent à des versants encore plus abrupts au cœur des chaînes. Les grizzlis parcourent les vallées et la toundra alpine de Kluane, creusant à la recherche de racines et de spermophiles en début d'été, puis se gavant de baies plus tard dans la saison ; scrutez les pentes vertes et dégagées pour y repérer des points mobiles sombres ou clairs — vous en verrez bien plus que vous ne l’imaginez.

La route Dempster

La Dempster est la grande route du caribou au Yukon. La harde de la Porcupine, forte d’environ deux cent mille animaux, migre à travers le nord du territoire, et la Dempster est l’itinéraire qui vous donne le plus de chances d’en apercevoir, surtout au printemps et de nouveau à l’automne, au moment des déplacements. Grizzlis, renards et rapaces se voient régulièrement le long du gravier, et la toundra ouvre le paysage à tel point que les animaux restent visibles de très loin. Le calendrier et la chance jouent énormément, mais peu de spectacles nordiques rivalisent avec une rivière de caribous traversant la toundra.

Les Southern Lakes

La région des lacs au sud de Whitehorse — Marsh Lake, Tagish, Carcross et les routes qui les relient — est un secteur de choix pour l’orignal et l’ours noir. Les orignaux se nourrissent à l’aube et au crépuscule dans les étangs peu profonds, les marais et les saules du bord de route, tandis que les ours noirs déambulent en bordure de chaussée en été pour brouter les jeunes pousses. En avril, le site de Swan Haven, sur Marsh Lake, accueille des milliers de cygnes trompettes et siffleurs en migration, qui font halte sur les premières eaux libres — un véritable spectacle faunique du territoire, à faire en excursion d’une journée depuis la capitale.

La région de Whitehorse

Nul besoin de quitter la capitale pour voir des animaux. Des renards roux trottinent en périphérie, des orignaux et parfois un ours noir errent aux abords boisés de la ville, et les sentiers longeant le Yukon et grimpant sur Grey Mountain révèlent régulièrement traces et indices de passage. Whitehorse constitue aussi la base idéale pour des excursions d’une journée vers les Southern Lakes, en direction de Kluane par l’Alaska Highway, ou jusqu'à la Yukon Wildlife Preserve juste au nord de la ville.

L’Alaska Highway et le bison des bois

L’Alaska Highway est la colonne vertébrale de la plupart des voyages au Yukon, et son extrémité est réserve l’une des rencontres les plus mémorables du territoire : le bison des bois en liberté. La harde s’observe souvent au bord même de la route à l’est de Watson Lake, vers la frontière avec la Colombie-Britannique, plus fiable tôt le matin et en soirée. Ce sont d'énormes animaux sauvages qui ne cèdent pas le terrain : observez-les depuis votre véhicule, ne vous arrêtez jamais sur la voie de circulation et n’approchez surtout pas pour une photo. À l’ouest de Watson Lake, la route file vers Kluane, avec des ours noirs et parfois un grizzli travaillant les broussailles du bas-côté tout au long du trajet.

La Yukon Wildlife Preserve

Si votre temps est compté ou si vous voyagez avec des enfants, la Yukon Wildlife Preserve, près de Whitehorse, offre une alternative fiable et éthique à la loterie du bord de route. Ses vastes enclos naturels abritent bœufs musqués, bisons des bois, orignaux, caribous, mouflons de Dall, chèvres de montagne, lynx et bien d’autres, et une visite à pied ou en voiture garantit pratiquement des observations rapprochées et sans hâte d’espèces qu’il faut parfois plusieurs jours pour repérer en pleine nature. Beaucoup de visiteurs s’y rendent en début de séjour pour apprendre à reconnaître les animaux, avant de partir dans l’arrière-pays avec un œil bien plus aiguisé. En hiver, c’est l’un des rares endroits où l’on est sûr de voir quelque chose.

Les oiseaux à surveiller

Le Yukon est une destination ornithologique de classe mondiale, et même un voyageur peu averti remarquera les grandes espèces spectaculaires. Les cygnes trompettes font halte sur les Southern Lakes au printemps, pygargues à tête blanche et aigles royaux chassent dans les vallées fluviales et sur les ascendances des montagnes, les grues du Canada passent en vols migratoires bruyants au-dessus des têtes, et le huard à collier lance son cri sur presque chaque lac tranquille au crépuscule. Munissez-vous de jumelles et vous les ajouterez à votre liste sans faire le moindre détour.

Un guide saisonnier de la faune

Ce que vous verrez dépend fortement du moment où vous venez. Utilisez ceci comme aide-mémoire.

Printemps (avril-mai) : les ours noirs sortent affamés de leur tanière, les oiseaux migrateurs et les cygnes font halte, les orignaux sont attirés par la végétation naissante au bord des routes, et les premiers petits de l’année voient le jour.

Été (juin-août) : mouflons de Dall et chèvres de montagne sur les hauts versants, renards roux et castors à l'œuvre sur les étangs et les zones humides, le tout sous un jour quasi sans fin.

Automne (septembre-octobre) : la migration des caribous bat son plein, les ours se gavent de baies avant l’hiver, et le rut de l’orignal — la saison la plus spectaculaire et la plus imprévisible.

Hiver (novembre-mars) : les lagopèdes en plumage blanc, quelques loups à l’occasion, des pistes fraîches inscrites dans la neige, et la Yukon Wildlife Preserve comme valeur la plus sûre pour des observations rapprochées.

L’orignal et le rut de septembre

L’orignal est le plus grand membre de la famille des cervidés et, la majeure partie de l’année, un animal solitaire et discret — que l’on voit surtout à l’aube et au crépuscule, se nourrissant dans les étangs peu profonds, les marais et les saules du bord de route. En septembre, tout change. C’est le rut, et les mâles deviennent audacieux, agités et véritablement imprévisibles ; un mâle qui se serait éclipsé en juillet peut tenir bon en automne, voire charger. Gardez une distance beaucoup plus grande que d’ordinaire pendant le rut, ne vous placez jamais entre un mâle et une femelle, et si l’un d’eux approche, interposez un obstacle solide — votre véhicule, un arbre — entre vous et lui. Loups et lynx partagent la même forêt, mais on les voit rarement ; entendre une meute hurler dans une vallée la nuit est une rencontre plus probable, et tout aussi inoubliable.

Observer de manière responsable

L’observation éthique de la faune n’est pas qu’une question de politesse ; dans le Nord, c’est une question de sécurité et de conservation. Gardez une distance généreuse, ne nourrissez jamais un animal, ne laissez aucune nourriture accessible et rangez soigneusement aliments et objets odorants en camping. Emportez du gaz poivré à ours en randonnée, apprenez à vous en servir, faites du bruit dans les taillis denses et déplacez-vous en groupe autant que possible. Un animal nourri ou habitué à l’humain devient souvent un animal mort : la plus belle chose que vous puissiez faire pour la faune que vous êtes venu voir, c’est de la laisser sauvage.

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